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Guillaume Cahour

Interview réalisée en mars 2007. A ce moment là, Guillaume Cahour animait le 5/7 d'RMC, et le remplacement de Jean-Jacques Bourdin, quand celui-ci est absent. Après quelques saisons ensuite à Europe 1, Guillaume Cahour a rejoint la télé, dans le 19.45 d'M6 notamment.

 


NB : Cette interview a été faite par Sperol, ainsi que les photos. Aujourd'hui, Guillaume Cahour est sur BFM TV, et assure toujours le remplacement de Jean-Jacques Bourdin quand celui-ci est absent

Bonjour Guillaume. Alors pour commencer, comment est-tu arrivé à la radio ?
C'est par passion, par 2 petits déclencheurs. Le premier c'est quand j'avais 7-8 ans, j'habitais à Paris et je suis allé à la Cité des Sciences et de l'Industrie dans le 19e arrondissement. Là-bas, ils ont un centre ludo-éducatif pour apprendre l'eau, le feu, les animaux, les fourmis... ET... la télé ! Donc je suis allé la-bas, j'en avais rien à faire de l'eau, du feu et compagnie. En revanche j'ai passé au moins 2 heures dans le studio télé. Mais comme c'est pour les enfants, c'est volontairement simplifié : il n'y avait que des petites caméras sur le murs avec la carte météo, la régie... Et j'ai passé un temps fou là dedans, ça a été un déclic. J'y suis retourné plusieurs fois. Et ensuite mes parents m'ont offert un petit poste radio pour mes 9 ans, et le mardi soir je prenais des notes du journal de 20 heures et le lendemain je refaisais le journal devant mon poste, j'appuie sur REC/PLAY avec le magnétophone, j'étais ravi. Et puis ensuite, le 2e déclic est venu quand j'avais 14 ans. J'étais en 4e, et on avait eu une réunion d'orientation. Un journaliste est venu, je lui avait dit que j'aimerais faire de la radio et comment il fallait faire. Il m'avait dit : "tu as 2 solutions : soit tu fais de longues études et tu deviens journaliste, soit tu commences dès maintenant sur une radio locale. Donc comme j'aimais pas trop les études, j'ai commencé dès le lendemain à envoyer des courriers, et petit à petit je suis entré dans des radios pour visiter et ensuite pour y travailler.

Donc tu n'as pas fait d'école ?
Non. Pas d'école de journalisme. J'ai fait une école de commerce. Rien à voir donc.

Et comment l'école de commerce t'as amené à la radio en tant que salarié ?
Cette école m'a permis de devenir journaliste économique. Ca m'a apporté cette spécialité qu'est l'économie. J'ai découvert le fonctionnement des entreprises en faisant l'école de commerce

Et tu es depuis combien de temps à RMC ?
Ca fait 2 ans et demi.

Et pour ce qui est de ton parcours radio avant RMC ?
J'étais sur BFM en tant que journaliste économique (logique), puis Europe 1. Un parcours plutôt classique donc.

Tu fais le 5-7 sur RMC. C'est une tranche qui te plait ?
Eh bien je vais te dire non... En fait si évidemment ! (rires). C'est une tranche qui me plait, parce-que l'avantage de RMC c'est que les tranches sont faites sur mesure, en fonction des attentes des auditeurs, mais RMC s'adapte aussi beaucoup à ses animateurs et présentateurs, en partant du principe qu'on est avant tout des personnalités à l'antenne, mais pas non plus des vedettes. On est pas seulement des voix. La direction essaye d'adapter le plus possible les tranches à notre style et notre profil. Et le 5-7 est bien adapté au mien : à la fois animateur et présentateur.

Un style aussi très à l'écoute des auditeurs...
Oui, mais ça c'est aussi une spécificité de RMC le matin. Chez Jean-Jacques Bourdin ça se fait beaucoup, mais là ou c'est un tour de force, c'est de le faire à 5 heures du matin, et d'inciter les gens à appeler et envoyer des SMS à partir de cette heure-là. Et finalement ça devient une culture, les auditeurs de RMC deviennent habitués : dès qu'ils entendent une émission, ils savent qu'ils peuvent s'y exprimer. Ils font partie de l'antenne, donc ils n'hésitent pas.

Et comment gérer un auditeur "boulet", qui commencerait à avoir des réactions trop polémiques, par exemple racistes ?
Ben... la difficulté c'est quand on a pas le temps. Parce-que tu connais le mécanisme d'une radio. Tu as les pubs, les infos, la météo... Et quand il te reste 13 secondes et que tu as un auditeur qui commence à avoir des propos, comme tu l'as dit par exemple, racistes, c'est très difficile. En général on coupe court, avec un truc du style : "Ben écoutez c'est votre opinion, on partage pas" et puis zou, merci au revoir. On fait ça proprement. Et si on a le temps, on essaie de discuter, de voir si on peut peut-être le convaincre si ses convictions ne sont pas très solides. Et puis si vraiment ça dérive, il faut pas hésiter à dire "Là, écoutez, vous dépassez les bornes. Je ne peux pas vous laisser dire ça, au revoir". Et ça, ça m'est déjà arrivé.

Et dans des propos tout à fait normaux, la gestion du temps dans l'interview, c'est quelque chose de difficile je suppose.
Ben finalement, pas tant que ça. C'est difficile quand on a peur de ressortir frustré. C'est-à-dire que lors d'une interview, ou une discussion avec un auditeur, on a toujours plein de questions à leur poser. Quand on sort de l'interview, souvent on est frustré ; on se dit "mince ! J'ai oublié ! Je n'ai pas eu le temps de lui poser telle question, telle question et telle question". Il faut savoir que la frustration fait partie d'une interview. Et à partir du moment ou l'on accepte celà, petit à petit on gère l'interview et on dit "Bah voila, maintenant c'est l'heure, terminé".

Et préparer suffisamment de questions, au cas ou ça serait un invité moins intéressant...
Oui, mais si c'est un invité moins intéressant, ça sert à rien de le garder longtemps. Parce-qu'on a des auditeurs qui nous écoutent et on doit leur proposer une radio de qualité. Donc déjà si on a un invité qui n'est pas intéressant, c'est qu'on l'a mal sélectionné, et qu'on a mal fait notre boulot à l'origine. Donc on ne va pas en plus en rajouter en faisant longtemps, car on a un écran pub dans 4 minutes. On assume et on dit "Merci au revoir monsieur", et pendant 2 minutes on comble avec quelque chose d'intéressant.

Et comment trouver les bonnes questions pour un invité, par exemple politique, comme il y a eu ce matin par exemple avec Arlette Laguiller sur BFM TV ?
Ben... c'est mon métier (rires)

Et c'est long à préparer ?
Une interview comme celle d'Arlette Laguiller ce matin, ça m'a pris 1 heure et demie pour 25 minutes d'interview. Tout en ayant cogité, je me suis réveillé en sursaut cette nuit en pensant à l'interview qui allait arriver. Il y a aussi Alban Antura qui travaille également dessus. Le soir on s'appelle et on fait un point sur l'interview. Et il y a une autre personne, Marine ou Stéphanie, ça dépend, elles alternent, qui font un travail énorme pour nous mâcher le travail. Parce-qu'on a 4 heures d'antenne, et c'est gigantesque. D'habitude, sur d'autres radios, une interview de 25 minutes, le journaliste ne fait que ça de sa journée. Il prépare ça et point barre. Nous on fait 4 heures d'antenne, et dans ces 4 heures il y a 25 minutes d'interview politique ou on ne doit pas se rater. On a une journaliste qui travaille en amont et qui décortique tout le travail, en fonction de ce que je lui demande. Je lui dis "Voila, Arlette Laguiller je voudrais qu'on travaille sur tel domaine, tel sujet et tel sujet". Elle se documente, elle me fournit la documentation, et moi je travaille là-dessus.

Ton meilleur souvenir d'interview c'était avec qui ?
(long silence) Euh... je ne saurais pas te dire. On me pose souvent la question, et je ne saurais vraiment pas te dire je suis vraiment désolé. C'est un peu ma "réponse type". (rires)

Et le pire ?
La pire interview ? (long silence) Euh... ah si je sais ! Didier Bourdon. Pourtant c'est quelqu'un que j'adore, c'est pas vraiment dû à lui. Didier Bourdon qui fait partie des Inconnus, était venu pour parler d'un single, et je me demande toujours pourquoi on l'a invité dans cette émission, parce-qu'il était pas à sa place et ça se sentait. Il se comportait comme s'il était dans une émission de variétés, alors qu'on était pas chez Arthur mais dans une émission d'information. Mais c'est un peu de ma faute aussi, je n'aurais pas dû l'inviter à ce moment là dans l'émission de 8h30. J'aurais dû plutôt l'inviter plus tard quand on aurait eu plus de temps, ou là on aurait pu déconner.

Ce n'est pas trop dur de se lever avant 5 heures du matin tous les jours pour préparer l'émission ?
Quand je remplace Jean-Jacques (Bourdin, ndlr) je me lève à 4h30, comme en ce moment, pour être à l'antenne a 7h. Bien sur, je viens avant pour préparer l'émission, je ne viens pas les mains dans les poches évidemment. J'arrive à 5h, je prépare l'émission parce-qu'il y a toute la partie actualités qu'il faut travailler le matin et non pas la veille. Et quand je fais le 5-7 je me lève à 1h30 du matin, j'arrive à 2h pour travailler l'émission jusqu'a 5h. A 5h, antenne jusqu'a 7h. Ensuite je rentre chez moi, je prends le petit déj', je me recouche pour dormir 5 ou 6 heures, et je reviens le soir travailler 2 ou 3 heures pour préparer l'émission du lendemain.

C'est donc une journée de travail coupée en 2. C'est pas trop dur ?
Si. C'est très physique et je ne sais pas combien de temps je vais tenir (rires). Non, c'est vrai c'est un rythme. Mais pour avoir discuté avec plusieurs matinaliers qui ne le sont plus, c'est un rythme qui, je crois, casse un jour. A un moment, physiquement, on peut plus. Un matin, on arrive plus à se lever et voila. Bon, ça peut être progressif aussi, ce n'est pas quelque chose de brutal. Je pense qu'un jour je vais sentir qu'il faut pas tirer sur la corde, parce-que physiquement, c'est contre-nature de se lever à cette heure là. C'est très agréable d'un coté parce-qu'on se réveille avec les gens et on réveille les auditeurs, mais ça reste quelque chose de très physique. Et les gens qui ont tenu 3 mois, comme des collègues à Europe 1, au bout de 3 mois ils en pouvaient plus. Et quand on retrouve son rythme de sommeil ça peut entretenir.

Et ce fameux jour ou tu n'arriveras pas à te lever va arriver, tu feras quoi ?
Oh, ca arrivera peut-être dans au moins 30 ans qui sait. Mais si ce jour arrive, soit on me propose une autre tranche tout aussi épanouissante...

Il y a un horaire particulier que tu aimerais ?
Aujourd'hui non, puisque la matinale me plait. Et en ce moment j'ai la chance de faire 2 matinales: la matinale de RMC, le 5-7, ensuite de temps en temps le 7-10 à la place de Jean-Jacques quand il est en vacances, et en plus la télé aujourd'hui (interview de Arlette Laguiller retransmis sur BFM TV, ndlr). Avec tout ça je n'ai vraiment aucune envie de changer. J'ai tout ce qui me plait. Ce pourquoi je me bouge depuis que j'ai 14 ans pour faire de la radio.

Et un jour aimerais-tu être le nouveau Jean-Jacques Bourdin de RMC, quand il partira ?
Oui, mais Jean-Jacques il n'est pas prêt de partir. Parce-que Jean-Jacques est comme moi, c'est un grand mordu de radio. C'est un peu dans le genre de Drucker ; ce sont des gens qui feront ça jusqu'à ce qu'ils ne peuvent plus le faire. D'autre part, il n'est pas question de remplacer Jean-Jacques, parce-que je suis pas venu pour prendre sa place, et puis on se complète bien finalement.

C'est un ami de boulot donc...
Oui c'est un bon collègue, quoi. On travaille bien.

Aimerais-tu partir sur une autre radio un jour, ou rester sur RMC tout le temps ?
On sait tous très bien qu'on ne fait plus carrière dans une seule boîte. Donc je suis tout à fait convaincu qu'un jour je serais ailleurs. Mais aujourd'hui je suis bien ici.

Tu est satisfait des résultats d'audience ?
Oui. L'année dernière, on a gagné 14% d'audience sur le 5-7, alors que les autres les autres radios sur cette tranche étaient en général soit stables, soit en baisse. Nous on étaient les seuls à progresser, à moins qu'il n'y en avaient d'autres, mais alors je ne sais plus lesquelles puisque les chiffres datent de juillet. 40% d'augmentation à Paris, mais là je vais pas te faire la brochette en détails (rires), mais les chiffres sont bons. La durée d'écoute, alors qu'on a un rythme d'information assez répétitif, est de 40-42 minutes. Ca montre que les gens sont prêts à écouter un journal, un flash, un autre flash, puis un autre journal, voire un autre flash.

Pour les auditeurs jeunes, pourquoi écouteraient-ils RMC ?
Je pense qu'on a un rythme à l'écoute qui est plus proche des radios jeunes. On a un ton jeune, bien que je n'ai pas le ton d'un animateur de ce genre de radios, c'est certain. Mais si tu mets à coté Europe 1 et RTL, là oui, j'ai un ton plus jeune. Je pense qu'on peut séduire ces auditeurs là. Et d'ailleurs si tu regardes les audiences du 5-7, on a une audience qui a considérablement rajeunie. On a perdu un peu sur les plus de 60 ans, mais on a gagné sur les 35-49 ans, et aussi sur les 15-30 ans.

Et le tout sans passer aucune musique à l'antenne, ce qui est la particularité de RMC.
Voila, il n'y a pas de disques de diffusé, alors que sur RTL le matin ils mettent des disques, et sur Europe 1 aussi. Pour moi, c'est du comblage. Par contre mettre de la musique oui, et j'en mets, mais sous forme d'information, avec des concerts, des nouveaux albums sortis. Il y a des news derrière la musique. Mettre de la musique pour juste mettre de la musique, c'est stupide.

Et on va terminer par une question toute bête : quelles radios écoutes-tu ?
Et bien figures-toi que j'écoute assez peu la radio. Chez moi, je met soit des DVD musicaux, soit des CD. En voiture, j'écoute beaucoup de disques aussi. Mais les radios que j'écoute c'est RMC évidemment, France Info pour avoir de l'info en permanence, et RTL aussi, surtout le matin quand je repars, j'aime bien y jeter une oreille, parce-que je trouve qu'ils font une matinale sympa et pas idiote.

  
 

 

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